Crêpier, un faux métier ? La crêposphère en ébullition !

Gilbert Collard, en lançant sur l'antenne d'Europe 1, que le métier de crêpier n'était pas un vrai métier a fait bondir la profession mais aussi les internautes bretons... Gilbert Collard, en lançant sur l'antenne d'Europe 1, que le métier de crêpier n'était pas un vrai métier a fait bondir la profession mais aussi les internautes bretons...

Selon le député du Gard apparenté FN, Gilbert Collard, le métier de crêpier serait « un faux métier ». « Touche pas à ma crêpe » a fini par s'emballer À l'Aise Breizh, la talentueuse agence bretonne, surfant sur le médiatisé « Touche pas à mon pote ! ».

Curieuse emphase pour un simple produit de restauration qui fait malgré tout vivre 1 400 crêpiers en Bretagne, 4 000 en France. Et qui suppose de la part de l'artisan une certification professionnelle inscrite au registre national (RNCP). CTM ou CAP cuisine sont des voies royales pour accéder à la fonction.

Un vrai coup de main, une culture, une tradition...

Il y a donc bien un savoir-faire rappelle Marie-Noëlle : « Demandez à ce Monsieur de venir faire une crêpe sur la billig et on lui démontrera que c'est une profession ». Un vrai coup de main donc, assorti « d'une capacité de gérer une entreprise », souligne Philippe. « Un vrai métier qui demande savoir-faire et expérience. Une culture aussi et une tradition... », conclut Pascale. La Fédération de la crêperie, créée en 1985, ne dit pas mieux dans sa lettre de protestation adressée au député gardois. « Gilbert Collard n'a pas forcément tort lorsqu'on voit la tête de certaines crêpes », proteste 98-35, soutenu par Daniel : « Les galettes et crêpes faites en usine sont des ersatz de crêpes... ».

Mais là n'est pas le vrai scandale, souligne Marc, pointant des stages-alibi qui permettraient, selon Séverine, « d'aboutir à la baisse de la courbe du chômage ». « La méthodologie de Pôle emploi aboutit à combien d'emplois réels ? ».

Fallait-il pour autant faire de ces propos tout un plat, jusqu'à l'indigestion ? Certains comme Ludo (« Les crêpes, c'est la vie ! ») Patrick (« Le FN, un faux parti ? ») ou Albert (« Le métier de politicien ? Se retourner comme une crêpe ! ») préfèrent en rire. Jean-Michel aussi qui finit par enterrer le débat en invitant « à porter une crêpe à la boutonnière ».

Et de conclure que finalement, si le métier n'est pas « vrai », l'important c'est bien de manger de vraies crêpes ! Et là tout le monde tombe d'accord...


Collard : la baisse du chômage, "une... par Europe1fr

Un faux métier selon Gilbert Collard

Selon le député du Gard, apparenté FN, Gilbert Collard, le métier de crêpier serait « un faux métier ». Subventionner les formations qui y mènent serait donc inutile. Ces propos tenus au micro d'Europe 1, mardi, ont fait chauffer la « crêposphère » bretonne.

Durant la Matinale d'Europe 1, Gilbert Collard a qualifié la baisse du chômage de « supercherie » et « d'escroquerie ». Pour étayer ses propos, le député, citant le Canard Enchaîné s'est ému qu'on proposait aux chômeurs « des stages de crêpier et d'hypnotiseur ».

Plus de 5 000 crêperies en France

« On se rend compte que vraiment ce sont d'un côté de faux emplois qui sont créés et de l'autre des emplois d'État », a poursuivi l'avocat marseillais. Il estime que ce n'est pas honteux de travailler en crêperie mais que les formations proposées « n'offrent pas forcément un travail, un emploi pérenne ». Ces propos ont fait bondir les représentants de la profession. « La crêperie en Bretagne, c'est plus de 1 800 établissements de restauration. Et plus de 5 000 en France. Des milliers de personnes vivent dignement de ce métier tous les jours, répond François De Pena, élu en charge des crêperies au sein de l'Union des métiers et des industries hôtelières (Umih). Les propos de Gilbert Collard sont ceux d'un homme politique qui ne connaît pas la réalité du terrain, qui parle à tout va ». Car des crêpiers, « la profession en manque cruellement. Malgré les centres qui en forment à tour de bras », ajoute Hubert Jean, président de l'Umih restauration. Un exemple, chaque année, l'École de maîtres crêpiers de Rennes, forme 200 personnes. Et elle n'est pas la seule dans la région.

« De vrais emplois »

« C'est un réel gisement d'emplois continue François De Pena. Et plus les années passent plus le métier se spécialise. Actuellement, on incite ceux et celles qui le choisissent à devenir maîtres restaurateurs ». Fini la galette saucisse, les préparations culinaires sont de plus en plus complexes. Le savoir-faire breton s'exporte bien également. Surtout en Amérique du Nord où le métier se développe rapidement. « Là-bas aussi, on peut facilement trouver du travail », ajoute le restaurateur installé à Bain-de-Bretagne (35). Alban Colin, meilleur crêpier de Bretagne 2016, qui officie à la crêperie An Dol Breizh à Audierne (29), n'apprécie pas les propos de Gilbert Collard. « Il se trompe complètement. Le message qu'il envoie va à l'opposé de celui de la profession, qui tente de faire naître de nouvelles vocations. Et puis, autre particularité dont il faut parler : s'il est facile de trouver un emploi de salarié, il est aussi facile de s'installer ». Les investissements étant moindres que dans d'autres secteurs de la restauration. Le métier de crêpier, c'est aussi des centaines de personnes qui travaillent au quotidien dans les nombreuses crêperies artisanales et industrielles. D'où sortent, tous les jours, des milliers et des milliers de paquets de crêpes et de galettes.

Source : Le Télégramme

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