Concours de sérigraphie sur crêpes

Arthur Gourdin, alias Plastimax, à la sérigraphie et Guiguite, sa coéquipière crêpière, lors de la kermesse de l'année dernière intitulée « À vos marques crêpes party »L'association Le Genou Vrillé lance son concours international de sérigraphie sur crêpes. Ou comment imprimer le masque de Dark Vador sur les froments de mémé. Rencontre avec l'association et l'artiste qui a exploré le concept, avant leur grande Kermess Krampouezh du 2 juillet.

Une crêpe garnie à l'effigie de Michael Jackson, une autre façon disque vinyle, c'est possible ? Avec la sérigraphie, tout est possible !

L'idée lancée il y a quelques années par le collectif d'artistes un peu barré Elshopo, fait des émules dans l'ancienne Skol Sant Anton de Pouldergat, investie depuis 2013 par l'association artistique Le Genou Vrillé. De là à en faire un championnat du monde, il n'y avait qu'un tout petit pas à franchir pour la joyeuse équipe qui accueille des artistes en résidence création. C'est d'ailleurs grâce à l'un d'eux, Arthur Gourdin, alias Plastimax, sérigraphe d'origine brestoise et installé à Paris, que cette idée un peu saugrenue s'est invitée au menu du collectif : « J'ai connu le procédé grâce aux Elshopo. En tant que sérigraphe breton, cela m'a tout de suite parlé ! J'ai profité de ma résidence en mai 2015 pour pousser le concept et réfléchir aux techniques afin de réaliser des crêpes qui soient aussi jolies à regarder que succulentes à déguster. Que les gens fassent woaw et mmmmhhh en même temps. »

Une Hongroise en compétition

C'est en 2015 que se sont jouées les prémices du championnat du monde de cette discipline, pas encore officielle. Après un mois à plancher sur les garnitures optimales (il faut trouver les ingrédients liquides qui sauront traverser les mailles de l'écran à sérigraphier), l'artiste bresto-parisien convie qui veut à goûter ses créations : « Nous avons préparé un banquet interactif, où chacun pouvait intervenir sur ses crêpes, et cela s'est rapidement transformé en mini-kermesse avec un bagad qui nous a spontanément rejoints ». Il n'en fallait pas plus pour leur donner envie de renouveler l'expérience en lui donnant une dimension de compétition internationale. « Six duos composés d'un crêpier (ou crêpière) et d'un artiste seront en compétition, avec la participation d'une Hongroise », détaille Rafaël Guiavarc'h, secrétaire de l'association. Les équipes ont été sélectionnées après un appel à candidature, tout ce qu'il y a de plus sérieux, et un jury anonyme jugera secrètement les prestations des concurrents en complément du vote du public. « Une manière d'officialiser une idée originale et rigolote », sourit le secrétaire. Avec de vraies récompenses à la clé pour les meilleures crêpes : trois semaines de résidence à Skol Sant- Anton pour le premier prix, un billig pour le deuxième et « cent balles et un mars » pour le troisième.

Une campagne de financement participatif

Une compétition qui devrait parfaitement se fondre dans l'ambiance de kermesse voulue par les organisateurs. « Un des objectifs, c'est de faire découvrir une certaine forme d'art contemporain à un public familial qui n'a pas forcément l'habitude de naviguer dans les milieux artistiques. La crêpe, symbole de convivialité par excellence est le support parfait pour ça », constate Élisabeth Bikond-Nkoma, un des membres fondateurs du Genou Vrillé. Des jeux traditionnels, un bagad, des concerts (La Masse gluante, Drusty Beat-Box et Tchaïd Fest-noz) rythmeront également l'événement qui débutera à 15 h. L'association presque entièrement auto financée a lancé pour l'occasion une opération de financement participatif en ligne (site Kiss Kiss Bank Bank). « Nous sommes très peu subventionnés pour l'instant, toute aide pour que l'on continue à accueillir des artistes et à sensibiliser le public est la bienvenue », poursuit Rafaël Guiavarc'h. Les donateurs seront récompensés par des cadeaux personnalisés, du tote bag sérigraphié au tablier teint à la main en passant par le bientôt culte t-shirt punk à crêpes. Plastimax conclut, sans un brin d'ironie : « Nous voulons vraiment que cette compétition soit pérenne et se répète chaque année. Ce serait génial qu'un jour, des Chinois ou des Mexicains viennent sérigraphier leurs galettes de riz et de maïs ! »

Pratique
Kermess Krampouezh, le 2 juillet, Skol Sant-Anton, 18, rue de Pratanirou, Pouldergat. Participation libre à l'entrée. 

Source : © Le Télégramme

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