Concours de crêpiers 2018

Les as du billig réunis à Saint-Jouan-des-Guérêts

Vingt-cinq candidats pour une crêpe, et pas n'importe quelle crêpe, la meilleurs de Bretagne ! Saint-Jouan-des-Guérêts accueillait mardi 23 janvier 2018 le concours du meilleur crêpier de la région ! Et c'est Christophe Beuriot du Faou (29), qui a décroché le titre !

Entre stress et concentration, c'est l'atmosphère qui règne parmi les 25 candidats au titre de meilleur crêpier de Bretagne, Un concours particulièrement prisé des professionnels de la discipline. Ce mardi, les 25 concurrents se sont donc affrontés au CFA de Saint-Jouan-des-Guérêts, près de Saint-Malo, billig contre billig, pour décrocher la médaille.

Christophe Beuriot, du Faou, meilleur crêpier de Bretagne 


Et le meilleur crêpier 2018, s'appelle Christophe Beuriot, qui tient la Frégate au Faou dans le Finistère. Une belle récompense et la garantie de voir son établissement prendre du galon, car tous les crêpiers ne peuvent pas se prévaloir, d'être le meilleur de Bretagne !

Crêpes de froment sucrées et crêpes de blé noir salées


Parmi les épreuves, les concurrents avaient à réaliser une crêpe de blé noir (ou galette) nature, une autre de froment  nature, et puis deux crêpes de blé noir composées, et deux crêpes de froment composées avec les aliments du panier. Un panier, qui comportait notamment des moules, du lieu jaune, poireaux, champignons, carottes, choux fleur, lambig, moutarde, cidre, poitrine fumée, betteraves, épices, et puis encore pour le sucré, du citron, mangue, miel, poudre d’amande, vanille en gousse, chocolat noir... et chacun a pu y piocher, selon ses affinités et son savoir faire.

Les candidats ont été notés sur de nombreux critères : en cuisine le jury se penche sur la propreté, le respect des délais, la tenue, mais surtout sur la technicité de réalisation. En salle, ils vont apprécier la présentation, la texture, la cuisson, le goût et l'originalité, mais aussi le respect de la galette et des produits... et là le jugement ne fait pas dans la dentelle !

Le podium

Le Finistérien Christophe Beuriot est le grand lauréat de cette édition 2018.

Plus qu’une victoire, « c’est un gros coup de pouce pour sa notoriété », rappelle Gilles Stephant.

  1. Médaille d’or : Christophe Beuriot, crêperie La Frégate à Le Faou (29) avec une note de 17,25.
  2. Médaille d’argent : Patrick Lasbez, crêperie La Crêpe Idéale à Lannion (22) avec une note de 17,18.
  3. Médaille de bronze : Jean-Luc Durand, crêperie Le Be New à Dinan (22) avec une note de 17,04.

Les médaillés d’or par département

  • Pour le Finistère : Christophe Beuriot, crêperie La Frégate à Le Faou.
  • Pour le Morbihan : Sandrine Marcon, crêperie Le Temps d’une Crêpe à Ploeren.
  • Pour l’Ille-et-Vilaine : Vincent Sénéchal, crêperie Le Ti Bilig à Saint-Jouan-des-Guérets.
  • Pour les Côtes-d’Armor : Patrick Lasbez, crêperie La Crêpe Idéale à Lannion.

AFP

AFP / DAMIEN MEYERLes mains tremblantes des candidats au-dessus de leurs billigs fumantes trahissent l'importance de l'enjeu. À quelques jours de la Chandeleur, la Bretagne vient comme chaque année de couronner son meilleur crêpier. Sacrilège: c'est un Normand!

Une agitation inhabituelle règne ce mardi dans les cuisines du Centre de formation des apprentis de Saint-Jouan-des-Guérets (Ille-et-Vilaine), près de Saint-Malo. Vingt-cinq crêpiers venus de toute la Bretagne, et même au-delà, se succèdent derrière les fourneaux dans une ambiance à la "Top Chef", les téléspectateurs en moins.

Les pâtes, à base de farine de blé noir et de froment, sont préparées à l'avance, pour leur laisser le temps de fermenter (de 4 à 6 heures), et les ingrédients choisis parmi un panier imposé par l'organisation. Les participants au concours du meilleur crêpier de Bretagne sont ensuite évalués selon des critères précis, en cuisine, sur l'hygiène, la technicité ou la gestion du temps, et en salle, sur le dressage, la texture, l'originalité ou le goût.AFP / DAMIEN MEYER

Des préférences disparates selon le département d'origine des goûteurs. Les Finistériens pencheraient plutôt pour des crêpes "kras", fines et croustillantes. "Il faut qu'elle chante", explique une productrice de cidre et "fille de maître-crêpier" en frottant la lame de son couteau sur la surface de sa crêpe dessert.

Sucrées, salées, classiques, déstructurées... Les assiettes s'enchaînent aussi vite que saturent les estomacs : "Je vais finir par faire une indigestion de mangue", lance l'un. Les commentaires sont intransigeants : "Je me demande s'il aurait le temps de faire la même chose avec cinquante couverts dans sa crêperie". "C'est excellent, mais on ne voit pas bien le lien entre la crêpe et le produit, celui-là aurait plus sa place dans un restaurant."

AFP / DAMIEN MEYERLa frontière est de plus en plus ténue entre crêperie et restauration traditionnelle. "On trouvait encore surtout, il y a 15-20 ans, des crêpes basiques, au beurre. Mais les crêpiers de l'après-guerre revendent leurs commerces et une nouvelle génération, formée dans des écoles spécialisées, apporte son savoir-faire et son envie de faire autre chose", analyse Gilles Stéphant, président de la Fédération de la crêperie de Bretagne, organisatrice du concours depuis 2009.

- Un atout commercial -

Plus rentables que les restaurants classiques en raison du coût inférieur de la matière première, les crêperies, qui requièrent également un investissement de départ moindre, attisent les vocations.

Institutrice pendant une dizaine d'années, Tifenn Daniel a renoué avec les crêpes de sa grand-mère en ouvrant l'an passé son Jardin Saint-Germain à Plogastel (Finistère). "Ce concours, en plus de me donner une visibilité, me permet de m'assurer que je n'ai pas fait fausse route", témoigne la candidate aux lunettes rouges assorties aux rayures de sa marinière.

Olivier Lazennec, déjà deux fois médaillé d'argent, vient y chercher "un moment de partage", en plus de "l'adrénaline" de la compétition. Mais son "kig ar farz revisité, avec du cochon de Plougastel élevé en plein air et nourri aux fraises", n'a pas suffi à le hisser à nouveau sur le podium.

Pour la troisième fois après 2009 et 2011, le titre de meilleur crêpier de Bretagne est revenu à... un Normand. Originaire de Pont-Audemer (Eure), Christophe Beuriot est néanmoins installé depuis quatorze ans au Faou (Finistère), à mi-chemin entre Quimper et Brest.

Ses déclinaisons sur le poireau et le citron ont convaincu le jury et assuré à sa crêperie, La Frégate, un surcroît de notoriété. "Je suis complet d'avril à la Toussaint et je refuse jusqu'à 200 personnes par jour en été", assure le commerçant, fermé du lundi au mercredi "pour avoir le temps d'aller à la pêche".

AFP / DAMIEN MEYER

Et à tous ceux qui sortiront leurs poêles du placard pour la Chandeleur (2 février), le Lionel Messi de la crêpe livre un de ses secrets : "Un soupçon de miel dans la pâte des crêpes au blé noir." C'est cadeau.

La meilleure crêpe du monde ! Composition de Christophe Beuriot - DR
La meilleure crêpe du monde ! Composition de Christophe Beuriot - DR


25 candidats se sont affrontés © Radio France - Brigitte Hug


Vincent Sénéchal et son mille-feuille de lieu et sarrazin © Radio France - Brigitte Hug


A partir de la gauche, Gilles Stephant président de la fédération de la crêperie, Patrick Lasbez médaille d’argent, Christophe Beuriot médaille d’or, Zoé Rault Miss Jeunesse Bretagne 2017, Jean-Luc Durand médaille de bronze.


Le lauréat médaille d’or Christophe Beuriot, crêperie La Frégate à Le Faou.


La crêpe au Sarrasin du lauréat Christophe Beuriot. (©Le Pays Malouin)

 

Source : https://france3-regions.fr - AFP - actu

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